Traditions de l'ère pré-chrétienne
Avant la célébration des Pâques chrétiennes, il y avait des rites païens qui eux célébraient la nature à l'époque de son renouveau, c'est-à-dire à l'équinoxe du Printemps.
A noter que Pâques en anglais se dit Easter – mot issu de Eastre qui est le nom de la déesse du Printemps et de la Renaissance de la nature des Saxons. Et devinez quoi ? Cette déesse avait pour attribut le lièvre… D'où la tradition du lapin ou du lièvre de Pâques ?
Sous l'impulsion des premiers missionnaires qui tentaient de convertir les Germains installés au nord de Rome, Pâques, au IIe siècle, prit la place de la fête d'Eastre.
La fête liturgique de Pâques
Elle commémore la résurrection de Jésus-Christ – un des fondements de l'Eglise chrétienne avec la révélation de Jésus et l'annonce de sa mort. Cette fête est fixée par le calendrier chrétien.
Il s'agit du calendrier grégorien qui est en vigueur dans la plus grande partie du monde occidental et quelques pays asiatiques. L'Église y a inscrit ses saints, les jours saints et ses fêtes religieuses ainsi que les dates du calendrier civil qui leur correspondent.
Le mot Pâques est issu du mot juif Pessah ("passage").
A l'origine, Pâques était une grande fête juive qui célébrait un grand événement : la libération par Dieu des Hébreux esclaves en Egypte, selon la promesse qu'il avait faite à Moïse. Donc, le premier soir de la Pâque juive il est de tradition que les familles revivent ce que leurs ancêtres ont vécu à cette époque. Au cour du repas, ils partagent un pain en deux en disant : "Voici le pain que nos ancêtres ont mangé en Égypte. Quiconque a faim, qu'il vienne manger, et célébrer la Pâque avec nous." Et ils boivent aussi quatre coupes de vin. C'est ce qu'a fait Jésus avec ses disciples le soir de son arrestation.
Pour la majorité des spécialistes, la relation existant à l'origine entre Pâques et Pessah viendrait du fait que les premiers chrétiens avaient souvent été élevés dans la tradition hébraïque. Ils auraient donc considéré Pâques comme une nouvelle version des fêtes de Pessah, destinée à commémorer la venue du Messie annoncée par les prophètes.
Un petit rappel vite fait
A l'approche de la Pâque, le jeudi, Jésus est arrivé à Jérusalem.
L'Évangile selon saint Marc nous raconte comment il a chassé les marchands du Temple et son accrochage avec les scribes, les grands prêtres et autres. Ce qui lui valut une conspiration (avec l'aide de Judas) pour saper sa popularité et le faire arrêter.
C'est ce jeudi-là qu'eut lieu le repas pascal (connu sous le nom de la Cène) et durant lequel il a annoncé sa mort et sa résurrection à ses apôtres. Le pain devint son corps à manger: "Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps livré pour vous, et le vin son sang à boire : Prenez et buvez-en tous car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'alliance nouvelle", celle de Dieu et de tous les hommes.
Puis il se rendit au mont des Oliviers pour entrer dans sa Passion et annonça qu'il ressusciterait d'entre les morts. Et il partit dans les jardins de Gethsémani pour méditer et prier. C'est là qu'il fut arrêté, dans la nuit.
Il fut condamné à mort et Ponce Pilate confirma la sentence (en se lavant les mains d'après ce que l'histoire nous en dit). Emmené au Golgotha il fut crucifié et mourut le soir même. C'était le vendredi.
Et le dimanche suivant (premier jour de la semaine dans le calendrier juif) il passa de la mort à la vie de Dieu. La Résurrection !
Par là, Jésus donnait à l'humanité l'espoir d'une vie après la mort dans le Royaume des Cieux. Il demanda à ses disciples d'évangéliser le monde. Quarante jours après eut lieu l'Ascension.
La difficile datation de Pâques entre Occident et Orient
Avec le concile de Nicée en 325, la date de Pâques fut fixée au premier dimanche après la pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps. Si ladite pleine lune avait la fantaisie de tomber un dimanche et de coïncider avec la fête de Pessah plus rien n'allait… on reportait Pâques au dimanche suivant pour ne pas fêter les deux le même jour.
Fort bien mais… grosses bagarres entre les églises occidentales et orthodoxes !
- La date étant calculée selon la méthode d'Alexandrie (qui était à l'époque LE centre astronomique du monde, LA référence) ce fut difficile parce que le calendrier en vigueur à l'époque était le calendrier julien, donc solaire – il y avait un décalage entre l'année astronomique réelle et le calendrier solaire, les cycles de la Lune étant irréguliers.
- Les églises orthodoxes quant à elles, avaient déterminé la pleine lune avec des calculs trop anciens pour être exacts…
Au total, ça faisait un double décalage qui atteignait une semaine environ. Vous pensez bien que les conseils au sommet n'ont pas manqué pour trouver une méthode qui aurait permis d'éliminer les différences de dates entre les églises, mais ils échouèrent tour à tour.
Si bien que Pâques fut célébré à des dates différentes selon les parties du monde.
Ca s'arrangea en Occident en 1572, grâce à l'adoption par la Grande-Bretagne et l'Irlande du calendrier grégorien, mais pas du côté des églises orientales qui, d'ailleurs, continuent de commémorer Pâques le dimanche qui précède ou suit la date appliquée par l'Occident. Il arrive que ces dates coïncident (par ex. en 1865 et en 1963).
Aujourd'hui
Pâques est marqué par un repas familial où il est encore de tradition de servir de l'agneau ou du mouton. Un bon bourgogne est conseillé pour escorter ce plat.* Les œufs sont également inscrits au menu – bien entendu des œufs de poules en entrée, au chocolat en dessert.